Poésie

La fin de ta peau

Très lentement je me rends loin de toi ma fée.
Envie de tout sauf de me revoir dans tes bras,
De courir là-bas vers la falaise aérée,
Percer le secret que tu laisses sous mes draps.

Ta froideur je ne la regretterai – fanée.
Peau de chagrin que notre amour toujours mort-né,
Pour qu’autour elles se rassemblent en retour.
Verser le vin il faut pour ce bonheur-du-jour.

Mon âme s’en va dès maintenant vers ailleurs.
Fluide m’apparaît le futur de mon bel être,
En pensant au meilleur je me veux constructeur.
Toi je te fuis hâtivement par la fenêtre.

Exercices poétiques d’une fin d’été

Aux mille lieux de cette douce nuit
Surgit oh oui musique intemporelle
Viens caresser l’hydre de mon ennui
Domine oh oui ce sentiment pour elle

Transperce la belle pensée
Jouis en l’imaginant danser
Épouse de ta force folle
Notre château qui gît, affole

Et cette nuit heureuse
Garde-la la rêveuse
Qui éternellement
Ne saura que tu mens

Eh non ne te laisse pas sans toit pauvre chienne
J’ai si peur que tu ne magnifies point la tienne
Alors retiens bien ce tout dernier alexandrin
Rêve pour toujours et à jamais nuit et jour

[Interlude]

Bonjour madame la malchance
Il paraît que tu es bien pratique
Lors d’une erreur pas si modique
Pour te décharger de l’outrance

Que quelqu’un a questionné quoique quelconque croit que je crie quelques conneries – contre quoi ?
Reste irascible envers les autres connards qui croient être les rois du froid – arrive la chaleur raté attardé !
Mange tous ces ver(re)s que je te jette à ta tronche pour verser le temps à travers ta tête de taré – triste tempête.

Alors laisse moi prendre conscience salope
Que tout cela n’est en fait bien que pour ma pomme
Laisse-moi m’afficher sur le trombinoscope
Des personnes qui savent que l’erreur fait l’Homme

[Interlude]

Dis-moi papa c’est qui les Autres ?
Les Autres sont comme toi, tu auras beau en faire ce que tu veux, transforme-les modèle-les, maquille-les, rêve-les. Et ils ne changeront pas. Ils seront comme toi. Loin de l’espoir entretenu. Loin de leur interprétation, loin de celle des Autres, aussi.
Alors traverse-les, aspire leur inspiration de chaque jour. Collectionneur d’Autres voilà qui est un beau métier pour celui qui saura apprécier chaque unicité !

Et il n’y a pas de mode d’emploi, c’est bien ça qui rend le travail attractif, crois-moi. Il faut juste se lancer dans les Autres. Ils te réceptionneront sois en sûr. Car ils ne vivent que pour la même chose que toi, visiter l’univers.

[Interlude]

Allô ? Bonjour Charogne Dramatique Encourageante Folie Grande Hallellujah Impudique Journalière Kosovo Léthargique Merci Néant Obligé Priver Qui Restez Sanguinaires Tueurs USA Vénalité Washington X You Zorro

L’innée en moi

S’esquinter contre ma propre contestation
Grandir les remords : l’inutile création
D’un amour irrationnellement organique –
Une idée d’abandon puis déjà je panique.

Replonger mes yeux profondément dans les tiens,
Aurait suffi à me rendre tien pour la vie.
L’ineffable ardeur que là toujours je maintiens ;
Devra mourir hâtivement dans chaque envie.

D’elle pourtant vient cette douce repentance
Vers un avenir guindé de ses beaux murmures.
De ma destinée tu deviens l’inexistence.

L’inexplicable passion de sa chair tendue
A mes lèvres devient un doux rêve perdu
Dans le refuge rude de mes amers regrets.